Habiter


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Que signifie réellement habiter un territoire ? Thierry Paquot (2025) rappelle qu’« habiter est d’abord le fait de déployer nos habitudes dans un lieu, d’y construire notre manière d’être au monde. Une habitation confortable, au sens de ce qui réconforte, et un environnement plaisant sont alors des supports essentiels pour permettre à chacun de développer sa personnalité, de s’inscrire dans un milieu et d’y laisser une marque ». Habiter ne se réduit donc pas au fait de se loger. C’est s’investir dans un territoire, y prendre place, entrer dans une dynamique de don/contre-don au sens de Marcel Mauss (1925) : recevoir du territoire, mais aussi lui offrir quelque chose en retour. On peut alors s’attacher à un lieu, s’y identifier, y trouver du plaisir, y tisser des liens. L’habiter est ainsi une manière de se sentir appartenir à un espace : un processus quotidien, fait d’habitudes, de pratiques, de relations avec les autres habitant·es, humain·es et non humain·es.
Dans cette perspective, le « confortable » ne renvoie pas au luxe mais à la possibilité pour un individu ou un collectif de se déployer, de participer à la vie locale et d’être acteur·rice du territoire. Habiter implique une relation réciproque : le territoire nous façonne autant que nous le façonnons. L’enjeu pour une société démocratique est donc de créer les conditions pour que chacun·e puisse habiter confortablement, c’est-à-dire vivre dignement, être reconnu·e, et trouver une place dans les relations multiples qui composent un territoire.

Le Pays Basque, et Iparralde en particulier, connaît depuis plusieurs décennies une attractivité croissante. On en vante la qualité de vie, la culture vivante, l’environnement préservé. Mais venir vivre en Iparralde signifie-t-il pour autant habiter ce territoire ? Autrement dit : que donne-t-on en retour à ce lieu où on habite ?

La dynamique actuelle interroge la possibilité d’un habitat confortable pour tou·tes : le logement devient un privilège social, un marqueur d’appartenance différencié, et la pression foncière menace la capacité même du territoire à accueillir durablement ses habitant·es et à préserver ses ressources. La question devient alors politique : comment garantir que « bien vivre en Iparralde » ne soit pas réservé à certain·es, mais permette réellement à chacun·e d’habiter le territoire au sens plein du terme ?


Se loger et se nourrir : deux besoins vitaux

Se loger : un toit et au-delà ?


La construction de logements est fréquemment présentée comme un moteur économique indispensable pour les territoires : elle active une chaîne d’entreprises locales, génère de l’emploi et apporte aux collectivités des ressources fiscales comme les taxes d’aménagement ou les droits de mutation.
Si cette dynamique existe bel et bien, elle tend cependant à réduire l’habiter à une simple variable économique, comme si le logement n’était qu’un produit dont il faudrait optimiser les flux et les rendements. Une telle vision occulte l’essentiel : habiter ne se résume pas à occuper un bâtiment, mais à tisser des relations durables avec un territoire, des voisin·es, des ressources partagées. Habiter implique un échange permanent, un « don/contre-don » entre l’individu et son environnement : ce que l’habitant·e reçoit en termes de services, de cadre de vie, d’ancrage collectif, il·elle le redonne en participation, en entretien, en vitalité sociale.

En faisant primer la logique de production sur celle de l’usage et de la cohabitation, on risque de planifier des territoires performants économiquement mais appauvris humainement. Ainsi, si la construction nourrit l’économie, elle ne doit jamais faire oublier que l’habiter est avant tout un fait social et communautaire, une manière de faire société.
Se loger ne se réduit pas à disposer d’un toit : c’est une condition essentielle pour se sentir appartenir à un territoire et pouvoir s’y engager. Cet ancrage devient impossible lorsque l’on est privé de logement ou que l’on vit dans la crainte de le perdre. La précarité ne peut pas répondre aux enjeux de l’habiter.
Penser l’habiter, c’est penser le logement depuis un point de vue collectif : c’est penser la vitalité des rues, des centres-bourgs, des associations, des commerces, autrement dit des lieux de vie collectifs. Cette problématique concerne les petites communes qui se dépeuplent, où les maisons inoccupées sont rachetées puis converties en résidences secondaires ou restent vides parce que les familles ne souhaitent pas les vendre. Elle touche également les villes où le marché immobilier favorise la gentrification de certains quartiers.

Cet enjeu se tend partout dans le monde. Les travaux issus d’Iparralde 2040 nous invitent à regarder la problématique du logement collectivement, pour penser la façon d'accueillir des habitant·es dans le territoire.

Le logement en Iparralde : un enjeu de mobilisation

Se nourrir : penser l'écosystème

Comme pour le logement, penser l’alimentation revient à dépasser le simple acte de manger ou de répondre aux besoins physiques du corps. Bien sûr, cette dimension est essentielle et chacun·e doit pouvoir accéder à une alimentation digne. Mais au Pays Basque, territoire à la fois fortement urbanisé et doté d’une agriculture vivante, l’alimentation est indissociable d’un rapport étroit au territoire : préserver des terres agricoles menacées par la pression foncière, soutenir les agriculteur·rices et les éleveur·euses, et garantir l’accès à une nourriture saine, locale et accessible.

Ce double enjeu, maintenir une production vivrière de qualité tout en permettant aux habitant·es de bien se nourrir, exige de considérer l’agriculture comme une ressource commune et non comme une variable d’ajustement face à l’urbanisation. C’est pourquoi les politiques publiques jouent un rôle central : elles donnent le tempo, conditionnent l’équilibre entre urbanisme et agriculture et façonnent la manière dont un territoire s’organise pour nourrir ses habitant·es.

Dans un monde où nous devenons plus nombreux et nombreuses, garantir à toutes et tous un accès durable à une alimentation suffisante suppose de repenser collectivement ce lien vital entre habitant·es, agriculteur·rices et territoire.

Se nourrir en lien avec le territoire
Se nourrir, c’est aussi une question de durabilité : comment garantir la possibilité de s’alimenter à long terme ? Si la terre se meurt, notamment en lien avec le dérèglement climatique, elle ne peut plus nourrir. Penser l’alimentation, c’est aussi penser à la vitalité de la terre et donc à la relation de dépendance qui nous lie à elle. On est de passage sur cette terre, et c’est elle qui noue des relations avec les générations qui se succèdent, c’est elle qui fait le lien. La terre ne nous appartient pas, et on doit la rendre aux prochain·es. Habiter implique de tenir compte des conditions d’habitabilité de tou·tes les autres : celles et ceux qui vivent simultanément sur d’autres espaces, mais aussi celles et ceux qui, demain, habiteront ce même territoire.

Se nourrir renvoie donc à penser tout un écosystème qui met en lien, faire territoire à échelle locale contribue à rendre habitable la Terre. Des populations nourries pourront alors nourrir le territoire à leur tour. Le jeu du don/contre-don est incessant.


Habiter pour mieux cohabiter

Habiter propose de mettre la focale sur le collectif, de réfléchir à comment faire territoire collectivement. Pour habiter, toute personne a besoin de liens, d’être en lien ; habiter signifie donc prendre en considération la société dans son ensemble, et imaginer les lieux de vie et de rencontre. Cela s’aménage.

Aménager l'espace pour habiter ensemble

Pour habiter collectivement, il faut penser et aménager l’espace, le concevoir. C’est le rôle notamment des politiques publiques qui proposent des aménagements, des plans ou des infrastructures, des outils de gestion sur des thématiques différentes. Ces plans se déploient sur un périmètre donné, souvent celui associé à l’institution qui les met en place.

Depuis 2017 avec la création de la Communauté d’agglomération, et grâce au travail réalisé depuis les premiers schémas d’aménagement dans les années 90, cette réflexion est pensée à l’échelle du territoire du Pays Basque Nord.

Aménagement du territoire
Ces schémas d’aménagement ou autres chartes sont développées dans les cadres institutionnels réglementaires, toujours soumis à des limites.

Or, les habitant·es vivent leur territoire bien au-delà du cadre défini par les plans, les zonages ou les fonctions imaginées par les politiques publiques. Ils et elles ne se limitent jamais entièrement aux périmètres prescrits : leurs usages débordent, contournent, détournent ou enrichissent les espaces pensés pour eux·elles. Habiter un territoire ne consiste donc pas à se soumettre à un espace préconçu, mais à participer activement à sa production.
L’espace n’est pas une réalité fixe ; il est une superposition de représentations, de pratiques quotidiennes, de trajectoires individuelles et d’imaginaires. Ainsi, l’espace prescrit par les aménageur·euses n’est ni l’espace vécu par les habitant·es, ni l’espace perçu dans le quotidien : ces trois niveaux coexistent, interagissent et se transforment avec le temps.

Vivre à la frontière, avec et sans frontière
Habiter implique un engagement corporel, sensible et relationnel, qui échappe largement aux logiques d’aménagement. Penser l’habiter, c’est donc assumer la complexité d’un territoire composé de couches multiples, matérielles, sociales, sensibles, symboliques, en relation permanente.
Faire territoire, c’est reconnaître cette diversité et envisager l’espace non comme un produit fini mais comme un processus dynamique, en constante co-construction entre institutions, habitant·es et milieu.

Médias et territoire

Composer avec les autres : la question des conflits d'usage


S’il existe une diversité des manières d’habiter, cela implique de pouvoir composer avec d’autres, qui n’ont pas les mêmes pratiques, pas les mêmes temporalités, parfois pas les mêmes besoins, mais avec lesquels on partage néanmoins les mêmes espaces.

C’est ce que révèlent les conflits d’usage : la nécessité d’habiter ensemble un territoire, malgré la pluralité des attentes qui s’y expriment. Ce défi concerne tous les lieux, à tout moment : sur la route, où se croisent le piéton ou la piétonne, le vélo qui tente de garder son équilibre entre trottoir et voitures, le conducteur ou la conductrice qui hésite entre vigilance et fluidité… ; à la sortie de l’école où familles, voitures, poussettes et enfants cohabitent dans une densité de gestes ; dans les salles communales où les associations doivent partager créneaux et ressources ; dans les salles d’attente, les équipements sportifs, ou même dans la file des lieux où on s’approvisionne. À chaque fois, habiter signifie s’ajuster, négocier, composer avec la présence d’autrui.

Même les transports en commun sont des micro-territoires où coexistent des manières d’habiter très hétérogènes : travailler, se reposer, discuter, traverser la ville, consommer, patienter. L’espace partagé est ainsi un tissu d’usages superposés qui s’influencent, se dérangent parfois, mais se rendent aussi possibles mutuellement. La ville habitable ne se pense donc pas uniquement en termes d’infrastructures : elle se fabrique dans cette capacité quotidienne à négocier les pratiques et à reconnaître la pluralité de celles et ceux qui y vivent.
La montagne illustre particulièrement cette question, car elle concentre une diversité d’activités : pastoralisme, randonnée, trail, vélo, chasse, pêche, transhumance, restauration, tourisme, extraction et industries locales (filière bois, filière agro-alimentaire…). Tous ces usages, parfois contradictoires, coexistent, peuvent entrer en friction, et révèlent des rapports différents à l’espace : produire, protéger, se ressourcer, traverser, expérimenter. Pourtant, c'est cette multiplicité même qui garantit une montagne vivante. Habiter un espace de montagne suppose de considérer l’ensemble de ses dimensions, sans réduire ce territoire à l’un de ses usages, au détriment des autres.

Montagne et PNR
Comme en montagne, habiter un espace, qu’il soit urbain, rural ou intermédiaire, exige de prendre en compte l’ensemble des interactions entre les pratiques. La qualité de l’habiter dépend de cette capacité à faire coexister des manières différentes d’occuper, de vivre et de signifier les lieux. C’est dans cette pluralité, parfois tendue, mais porteuse d’innovation et de créativité, que se construit la richesse d’un territoire partagé.

Cohabiter avec les non-humain·es : un pari au nom de la vie


Habiter un territoire et garantir son habitabilité à long terme suppose d’apprendre à cohabiter avec les autres humains, celles et ceux qui avaient déjà leurs habitudes, celles et ceux qui arrivent. Mais habiter, aujourd’hui, implique aussi de penser la cohabitation avec les non-humain·es, animaux et végétaux, comme l’ont montré Philippe Descola (2015) et Donna Haraway (2020) : nous faisons partie d’une même chaîne d’interdépendance, où la vie de chacun·e dépend de celle des autres. Dès lors, l’habitabilité n’est pas seulement un enjeu humain ; elle concerne l’ensemble des vivant·es, car leur bien-être conditionne le nôtre. Tout n’est donc pas permis : intégrer les non-humain·es dans nos manières d’habiter exige de reconnaître leur valeur propre, leurs besoins spécifiques, et de concevoir des milieux où la vie peut se maintenir et se déployer. Dans un monde où les destructions écologiques s’accélèrent, la question devient alors urgente : comment garantir la vie - humaine et non humaine - à long terme ?

Mais les cohabitations contemporaines ne concernent plus uniquement les vivant·es. Nous faisons face à de nouvelles entités avec lesquelles il faut composer : l’intelligence artificielle, les robots, les dispositifs automatisés. Ces entités, qui ne sont pas vivantes mais n’en transforment pas moins nos existences, s’insèrent dans nos réseaux d’interdépendance, comme le décrit Bruno Latour (2017) dans sa théorie des actants.
Elles modifient nos manières de travailler, d’apprendre, de créer, voire d’exister. L’IA peut nous soulager de certaines tâches tout en générant de lourds impacts écologiques ; elle peut aider à écrire tout en créant un doute sur la valeur même de l’écriture humaine. Son usage nous révèle un double mouvement : elle nous facilite la vie, et dans le même temps participe à l’exploitation massive des ressources, comme l’ont montré les recherches récentes sur son coût énergétique et environnemental.

Comme l’écrit Emmanuel Grimaud (2023) : « En réalité, il s’agit d’une expérimentation sociétale de grande ampleur et qui n’a pas d’auteur, que des acteurs. Partout où quelque chose se machine, un drôle de travail de décomposition et de recomposition de l’être humain prend place » (Grimaud in Gefen, 2023). L’IA participe à une recomposition profonde de ce que « faire humain » signifie, et se trouve désormais intégrée, qu’on le veuille ou non, dans nos relations, nos décisions et nos milieux de vie. Il ne s’agit donc pas de savoir s’il faut être pour ou contre l’IA, mais de déterminer comment nous voulons cohabiter avec elle, et surtout dans quelles conditions cette cohabitation peut soutenir la vie plutôt que la menacer. Comment imaginer un écosystème où humains, non-humains et technologies coexistent sans détruire les conditions mêmes de la vie ? Peut-on cohabiter avec l’IA, et si oui, à quelles conditions ? Ou, au contraire, doit-on limiter ou interdire certains de ses usages pour préserver l’habitabilité du monde ?

Ces questions ne portent pas uniquement sur notre rapport à la technique : elles engagent notre manière d’habiter la Terre, de composer avec un milieu pluriel, dynamique, fragile, ou humains, animaux, végétaux et machines sont en relation. Habiter demain, c’est choisir comment nous souhaitons vivre ces relations.

Le lien au coeur des enjeux


La biologiste américaine Donna Haraway (2020) met le lien au cœur des réflexions pour penser des mondes possibles demain ? Elle rappelle notamment que toute personne est située dans un lieu et dans un réseau de relations : « personne ne vit partout, tout le monde vit quelque part. Rien n’est lié à tout, tout est lié à quelque chose ».

Elle utilise l’image de l’araignée pour illustrer l’idée suivante : avec ses pattes, l’araignée crée des « jeux de ficelles ». La métaphore de l’araignée et de la toile qu’elle tisse prend tout son sens lorsqu’on insiste sur les relations, les réseaux d’interdépendance, l’ouverture permanente et l’intrication des liens au sein d’un territoire.

Jouer à des jeux de ficelles, c’est faire passer des connexions qui importent. C’est aussi raconter des histoires en mêlant nos mains, nos doigts, nos points d’attache. C’est enfin élaborer les conditions d’un épanouissement dans la finitude, sur notre planète, la Terre, Terra. Les jeux de ficelles exigent qu’on accepte de recevoir et de transmettre. Les joueurs peuvent être nombreux et user de divers appendices, du moment qu’ils tiennent le rythme à ainsi donner et recevoir. Il n’en est pas autrement du savoir et de la politique. C’est à force de tours et d’écheveaux qu’une transmission s’y opère. Elle réclame passion et action, immobilité et mouvement, ancrages et lâchers. - Donna Haraway.

La toile d’araignée est l’un des matériaux naturels les plus résistants et solides. Elle fait aussi référence à la solidité d’un réseau de relations, et donc d’un territoire. Habiter un territoire revient ainsi à tisser sans cesse des fils et, à travers ce labeur, permettre l’habitabilité de tous les vivants.

Quelle habitabilité sur Terre ?


Poser la question de l’habiter revient à réfléchir à la vie aujourd’hui mise à mal à certains endroits ou pour certaines personnes, voir pour toutes et tous un jour. Comment trouver des formes de vie souhaitables et viables à l’avenir ? Cette question concerne autant l’échelle locale que l’échelle planétaire, car habiter le monde devient de plus en plus difficile.

Le dérèglement climatique entraîne une diminution de l’habitabilité sur Terre : certaines portions de terre disparaissent, d’autres s’assèchent, des catastrophes naturelles entraînent des migrations forcées. Nous vivons par ailleurs un moment unique où toute portion de la Terre est la propriété de quelqu’un ou d’une entité publique. Tout est exploité, nous faisons face aux limites que nous nous sommes créées.

Le regard proposé est de sortir d’une logique de destruction pour s’inscrire dans une logique de vitalité, pour les autres comme pour soi. Cette perspective nous place face à une obligation et une responsabilité collectives : penser et dessiner une nouvelle orientation qui permette de rendre à nouveau la Terre habitable, alors même que ses conditions d’habitabilité sont aujourd’hui fragilisées. Pour cela, il est nécessaire « d’atterrir », pour reprendre les termes du philosophe Bruno Latour (2017). Il ne s’agit pas d’opposer mondialisation et ancrage local, mais de suivre une troisième voie, celle du terrestre, qui cherche à articuler ces deux dimensions pour répondre à une question centrale : comment rendre la Terre habitable ?

Penser uniquement à l’échelle locale serait problématique, car cela reviendrait à ignorer les réalités de la Terre, dont certaines zones ne seront peut-être plus vivables demain. Une telle vision conduit à ce que la réussite des un·es repose sur l’échec des autres. Il devient donc nécessaire d’examiner ce dont nos vies dépendent, ici comme ailleurs, et de repartir de ces dépendances pour imaginer l’avenir.
Penser un futur habitable revient alors à se demander comment partager un territoire et, ce faisant, à questionner la notion même de territoire, qui ne peut plus être envisagée sans intégrer les réseaux d’interdépendances reliant humain·es et non-humain·es. La vie sur Terre repose sur ces réseaux, bien davantage que sur la préservation d’un territoire figé et isolé.


Faire monde commun depuis Iparralde

Notre territoire et notre avenir s’inscrivent dans un vaste réseau d’interdépendances : chaque jour, nos gestes les plus ordinaires nous relient à d’autres lieux et à d’autres vies. Penser Iparralde comme une entité isolée n’a donc pas de sens ; il s’agit plutôt de le considérer au cœur d’un ensemble relationnel, en interaction constante avec ses voisin·es et avec la planète. « Faire avec » signifie composer avec celles et ceux qui arrivent ou partent, avec ce qui se transforme, se crée ou se détruit, ici comme ailleurs, pour tenter de faire territoire et monde commun.

L’exercice Iparralde 2040 invite précisément à cette réflexion : prendre le temps de se demander où nous allons, comment nous vivrons demain et ce que « vivre » signifiera dans les années à venir. Ce document propose de revenir aux fondements de notre quotidien, d’identifier les enjeux actuels et d’ouvrir des espaces de dialogue afin d’explorer collectivement la possibilité d’une réorientation, voire d’un véritable « atterrissage ».



DESCOLA Philippe, 2015. Par-delà nature et culture, Gallimard, Folio Essais, 793p.
GAILLE Marie, 2023. « Préface », in GEFEN, Alexandre (éditeur), Un monde commun, CNRS Éditions.
GRIMAUD Emmanuel, 2023. « (Se) machiner, jusqu’où ? », in GEFEN, Alexandre (éditeur), Un monde commun, CNRS Éditions. [En ligne : ].
HARAWAY Donna J., 2020. Vivre avec le trouble, Les Éditions des mondes à faire, 375p.
LATOUR Bruno, 2017. Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, La Découverte, Petits cahiers libres, 160p.
MAUSS Marcel, 1925. « Essai sur le don. Forme et raison de l’échange dans les sociétés archaÏques », L’Année sociologique, seconde série, 1923-1924
PAQUOT Thierry, 2005. « Habitat, habitation, habiter. Ce que parler veut dire... », Informations sociales, 123, 3, p. 48 54.


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